
SERIES PHOTOGRAPHIQUES
Différents thèmes abordés




MARIN
J’ai encore souvenance de ces navires,
Voilures chahutées par de fiers aquilons,
Éthers qui enjôlaient l’ivresse de ces sbires ;
Ces marins râblés, l’épiderme macaron.
– J’ai encore souvenance de ces navires…
Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Tant de véhémence – Tephillim tympanon
Qu’en finalité létale elles se fendirent
Et délivrèrent aux océans leurs cargaisons.
– Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent…
Les terribles aventures des longs gréements,
Aujourd’hui résonnent fort et comme un airain ;
Fabuleux voyages aux propos captivants
En mon esprit agité – un sang de mutin.
– Les terribles aventures des longs gréements…
Extrait du poème "a l'horizon" de Didier Sicchia




FETE FORRAINE
Tout n’était que lumière, poussière, cris, joies, tumulte ; les uns dépensaient, les autres gagnaient, les uns et les autres également joyeux.
Les enfants se suspendaient aux jupons de leurs mères pour obtenir quelque bâton de sucre,ou montaient sur les épaules de leurs pères pour mieux voir un escamoteur éblouissant comme un dieu.
Et partout, circulait, dominant tous les parfums, une odeur de friture, qui était comme l’encens de cette fête.
Charles Baudelaire




GARE
On allume les lampes.
Un dernier pinson chante.
La gare est émouvante
En ce soir de septembre.
Elle reste seule
À l’écart des maisons,
Si seule à regarder
L’étoile du berger
Qui pleure à l’horizon
Entre deux vieux tilleuls.
Parfois un voyageur
S’arrête sur le quai,
Mais si las, si distrait,
Extrait du poème "gare isolée" de Maurice Carême

Chanteur : Will Dailey Salle Paul Fort

Chanteur : Will Dailey Salle Paul Fort

Groupe : Monceau Salle Paul Fort

Chanteur : Will Dailey Salle Paul Fort
Une musique amoureuse
Sous les doigts d'un guitariste
S'est éveillée, un peu triste,
Avec la brise peureuse ;
Et sous la feuillée ombreuse
Où le jour mourant résiste,
Tourne, se lasse, et persiste
Une valse langoureuse.
On sent, dans l'air qui s'effondre,
Son âme en extase fondre ;
— Et parmi la vapeur rose
De la nuit délicieuse
Monte cette blonde chose,
La lune silencieuse.
Germain Nouveau
CONCERT



A LA MI-CAREME
Le carnaval s’en va, les roses vont éclore;
Sur les flancs des coteaux, déjà court le gazon. Cependant du plaisir la frileuse saison,
Sous ses grelots légers rit et voltige encore. Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,
Le Printemps inquiet paraît à l’horizon.
Du pauvre mois de mars, il ne faut pas médire; Bien que le laboureur le craigne justement; L’univers y renaît; il est vrai que le vent,
La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.
Qu’y faire.
Au temps des fleurs, le monde est un enfant. C’est sa première larme et son premier sourire.
Alfred de Musset




AU BORD DE LA MER
La lune de ses mains distraites
A laissé choir, du haut de l’air,
Son grand éventail à paillettes
Sur le bleu tapis de la mer.
Pour le ravoir elle se penche
Et tend son beau bras argenté ;
Mais l’éventail fuit sa main blanche,
Par le flot qui passe emporté.
Au gouffre amer pour te le rendre,
Lune, j’irais bien me jeter,
Si tu voulais du ciel descendre,
Au ciel si je pouvais monter !
Théophile Gautier